Beaucoup de patients arrivent en pensant qu'on va leur faire « un détartrage un peu plus poussé ». Ce n'est pas de cela qu'il s'agit. Le surfaçage radiculaire est le traitement de la parodontite — celui qui décide si vous garderez vos dents. Il se déroule sous anesthésie, il demande plusieurs séances, et il comporte une étape que presque tout le monde saute.
Détartrage et surfaçage : la vraie différence
Elle ne tient pas à l'intensité mais à l'endroit et à la surface traitée.
| Détartrage | Surfaçage radiculaire | |
|---|---|---|
| Où | Sur la couronne, au-dessus de la gencive et juste sous le rebord | Sur la racine, au fond de la poche, parfois plusieurs millimètres sous la gencive |
| Ce qu'on retire | Tartre visible et plaque | Tartre sous-gingival et biofilm incrusté dans le cément de la racine |
| Anesthésie | Généralement inutile | Nécessaire — la zone est sensible et l'accès profond |
| Durée | Une séance | Plusieurs séances, souvent par quadrant |
| Objectif | Prévention et confort | Arrêter la destruction de l'os |
Le surfaçage s'adresse donc à une situation précise : des poches parodontales installées, mesurées à la sonde. Il ne se prescrit pas « au cas où ». Ce qu'est la parodontite, ses stades et ses facteurs de risque sont détaillés dans notre article parodontite : symptômes, stades et traitement.
Pourquoi la racine, et pas seulement la gencive
La poche parodontale est un espace entre la racine et la gencive décollée. Au fond de cet espace, à l'abri de la brosse comme du bain de bouche, un biofilm bactérien organisé s'installe et se minéralise sur la surface radiculaire.
Tant que ce dépôt reste en place, l'inflammation se réalimente en permanence — et c'est l'inflammation, pas la bactérie directement, qui détruit l'os autour de la dent. Aucun antibiotique, aucun bain de bouche ne pénètre efficacement dans un biofilm structuré. Il faut aller le retirer mécaniquement. Tout le traitement tient dans cette phrase.
Comment ça se passe
- Le sondage préalable : on mesure la profondeur de chaque poche en six points par dent, on note les saignements et la mobilité. Ce relevé est la référence à laquelle on comparera tout le reste ;
- l'anesthésie locale du secteur traité ;
- l'instrumentation : ultrasons à inserts parodontaux fins et curettes, passés méthodiquement sur chaque face de chaque racine. C'est un travail long et minutieux, largement tactile ;
- le découpage en séances : classiquement un ou deux quadrants par rendez-vous, ce qui permet de rester précis et de ne pas anesthésier toute la bouche ;
- les consignes : le contrôle de plaque à domicile n'est pas un accessoire du traitement, il en est la moitié.
Les suites : ce qui est normal
- Une sensibilité au froid pendant quelques jours à quelques semaines. Le tartre qui recouvrait la racine faisait écran ; une fois retiré, la surface est exposée ;
- des gencives sensibles et un léger saignement au brossage les premiers jours ;
- une gêne à la mastication passagère dans le secteur traité.
L'étape que tout le monde saute : la réévaluation
Six à huit semaines après la fin du surfaçage, un nouveau sondage complet doit être réalisé. Ce n'est pas une visite de courtoisie : c'est le moment où l'on sait si le traitement a fonctionné.
Ce délai n'est pas arbitraire. Il correspond au temps nécessaire à la cicatrisation des tissus et à la réattache. Sonder trop tôt donne des mesures fausses.
Trois situations en sortent :
- les poches ont diminué et ne saignent plus → on passe en maintenance ;
- quelques poches résiduelles persistent → on ré-instrumente ces sites précis ;
- des poches profondes subsistent malgré un contrôle de plaque correct → un abord chirurgical devient nécessaire pour accéder à ce que l'instrument n'atteint pas à l'aveugle.
Ce que le surfaçage ne fait pas
- Il ne fait pas repousser l'os perdu. Il stoppe la destruction, il ne la répare pas. Reconstruire relève de techniques régénératrices, applicables seulement à certaines formes de défauts osseux ;
- il ne resserre pas une dent devenue mobile par perte de support. Une amélioration est possible quand l'inflammation disparaît, mais l'os manquant ne revient pas ;
- il ne guérit pas définitivement. La parodontite est une maladie chronique : sans maintenance, elle récidive ;
- il ne compense pas le tabac. Le tabagisme réduit nettement la réponse au traitement, et il masque le saignement — donc le signal d'alerte ;
- il n'est pas remplacé par un laser. Les revues concluent à un bénéfice additionnel modeste en complément, jamais à un remplacement de l'instrumentation. Le détail est dans notre article sur le laser diode ;
- il n'est pas remplacé par des antibiotiques. Ceux-ci gardent des indications précises, dans certaines formes agressives, toujours en accompagnement du geste mécanique.
La maintenance, c'est le vrai traitement long
Une fois l'assainissement obtenu, le pronostic dépend presque entièrement du suivi. Les poches se recolonisent en quelques mois si rien n'est fait.
- Rythme de trois à quatre mois le plus souvent, ajusté à votre risque individuel ;
- sondage de contrôle à chaque séance, pour détecter une reprise avant qu'elle ne coûte de l'os ;
- désorganisation du biofilm, où l'aéropolissage à la poudre de glycine a toute sa place : il nettoie sous la gencive sans repasser un instrument tranchant sur la racine à chaque fois ;
- renforcement du brossage et des brossettes interdentaires.
Au Centre Dentaire Walili
- Sondage parodontal complet et charting consigné, radiographies pour évaluer le niveau osseux ;
- instrumentation ultrasonore piézoélectrique à inserts fins, complétée à la curette, sous anesthésie ;
- traitement par quadrant, adapté à l'étendue de l'atteinte ;
- réévaluation programmée à 6-8 semaines, avec sondage comparatif ;
- maintenance individualisée selon le risque, avec aéropolissage à la glycine ;
- discussion du tabac, parce qu'aucun protocole ne compense son effet.
Le tarif dépend du nombre de secteurs à traiter et de la sévérité. Il est établi sur devis après examen, le devis écrit étant gratuit. Voir la page parodontologie.