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Parodontologie

Surfaçage radiculaire : le traitement, pas un gros détartrage

Août 2026  ·  Dr. Ismaail Talmenssour

Surfaçage radiculaire au cabinet

Beaucoup de patients arrivent en pensant qu'on va leur faire « un détartrage un peu plus poussé ». Ce n'est pas de cela qu'il s'agit. Le surfaçage radiculaire est le traitement de la parodontite — celui qui décide si vous garderez vos dents. Il se déroule sous anesthésie, il demande plusieurs séances, et il comporte une étape que presque tout le monde saute.

Détartrage et surfaçage : la vraie différence

Elle ne tient pas à l'intensité mais à l'endroit et à la surface traitée.

DétartrageSurfaçage radiculaire
OùSur la couronne, au-dessus de la gencive et juste sous le rebordSur la racine, au fond de la poche, parfois plusieurs millimètres sous la gencive
Ce qu'on retireTartre visible et plaqueTartre sous-gingival et biofilm incrusté dans le cément de la racine
AnesthésieGénéralement inutileNécessaire — la zone est sensible et l'accès profond
DuréeUne séancePlusieurs séances, souvent par quadrant
ObjectifPrévention et confortArrêter la destruction de l'os

Le surfaçage s'adresse donc à une situation précise : des poches parodontales installées, mesurées à la sonde. Il ne se prescrit pas « au cas où ». Ce qu'est la parodontite, ses stades et ses facteurs de risque sont détaillés dans notre article parodontite : symptômes, stades et traitement.

Pourquoi la racine, et pas seulement la gencive

La poche parodontale est un espace entre la racine et la gencive décollée. Au fond de cet espace, à l'abri de la brosse comme du bain de bouche, un biofilm bactérien organisé s'installe et se minéralise sur la surface radiculaire.

Tant que ce dépôt reste en place, l'inflammation se réalimente en permanence — et c'est l'inflammation, pas la bactérie directement, qui détruit l'os autour de la dent. Aucun antibiotique, aucun bain de bouche ne pénètre efficacement dans un biofilm structuré. Il faut aller le retirer mécaniquement. Tout le traitement tient dans cette phrase.

Comment ça se passe

  • Le sondage préalable : on mesure la profondeur de chaque poche en six points par dent, on note les saignements et la mobilité. Ce relevé est la référence à laquelle on comparera tout le reste ;
  • l'anesthésie locale du secteur traité ;
  • l'instrumentation : ultrasons à inserts parodontaux fins et curettes, passés méthodiquement sur chaque face de chaque racine. C'est un travail long et minutieux, largement tactile ;
  • le découpage en séances : classiquement un ou deux quadrants par rendez-vous, ce qui permet de rester précis et de ne pas anesthésier toute la bouche ;
  • les consignes : le contrôle de plaque à domicile n'est pas un accessoire du traitement, il en est la moitié.
💡 Certains protocoles traitent l'ensemble de la bouche en 24 heures pour éviter une recontamination d'un secteur assaini par un secteur non traité. Les résultats à distance sont globalement comparables aux protocoles par quadrant. Le choix dépend de l'étendue de l'atteinte et de la tolérance du patient, pas d'une supériorité franche d'une méthode.

Les suites : ce qui est normal

  • Une sensibilité au froid pendant quelques jours à quelques semaines. Le tartre qui recouvrait la racine faisait écran ; une fois retiré, la surface est exposée ;
  • des gencives sensibles et un léger saignement au brossage les premiers jours ;
  • une gêne à la mastication passagère dans le secteur traité.
⚠️ Le point qui inquiète le plus, et qui est pourtant un bon signe. Après le traitement, la gencive se rétracte : les dents paraissent plus longues, des espaces noirs apparaissent entre elles. Beaucoup de patients pensent que le soin a aggravé les choses. C'est l'inverse. La gencive était gonflée par l'inflammation ; en désenflant, elle reprend sa place réelle sur un os qui, lui, avait déjà été détruit par la maladie avant le traitement. Le surfaçage révèle la perte osseuse, il ne la provoque pas.

L'étape que tout le monde saute : la réévaluation

Six à huit semaines après la fin du surfaçage, un nouveau sondage complet doit être réalisé. Ce n'est pas une visite de courtoisie : c'est le moment où l'on sait si le traitement a fonctionné.

Ce délai n'est pas arbitraire. Il correspond au temps nécessaire à la cicatrisation des tissus et à la réattache. Sonder trop tôt donne des mesures fausses.

Trois situations en sortent :

  • les poches ont diminué et ne saignent plus → on passe en maintenance ;
  • quelques poches résiduelles persistent → on ré-instrumente ces sites précis ;
  • des poches profondes subsistent malgré un contrôle de plaque correct → un abord chirurgical devient nécessaire pour accéder à ce que l'instrument n'atteint pas à l'aveugle.
📌 Un traitement qui s'arrête après la dernière séance de surfaçage, sans réévaluation, est un traitement inachevé. On ne sait littéralement pas où l'on en est.

Ce que le surfaçage ne fait pas

  • Il ne fait pas repousser l'os perdu. Il stoppe la destruction, il ne la répare pas. Reconstruire relève de techniques régénératrices, applicables seulement à certaines formes de défauts osseux ;
  • il ne resserre pas une dent devenue mobile par perte de support. Une amélioration est possible quand l'inflammation disparaît, mais l'os manquant ne revient pas ;
  • il ne guérit pas définitivement. La parodontite est une maladie chronique : sans maintenance, elle récidive ;
  • il ne compense pas le tabac. Le tabagisme réduit nettement la réponse au traitement, et il masque le saignement — donc le signal d'alerte ;
  • il n'est pas remplacé par un laser. Les revues concluent à un bénéfice additionnel modeste en complément, jamais à un remplacement de l'instrumentation. Le détail est dans notre article sur le laser diode ;
  • il n'est pas remplacé par des antibiotiques. Ceux-ci gardent des indications précises, dans certaines formes agressives, toujours en accompagnement du geste mécanique.

La maintenance, c'est le vrai traitement long

Une fois l'assainissement obtenu, le pronostic dépend presque entièrement du suivi. Les poches se recolonisent en quelques mois si rien n'est fait.

  • Rythme de trois à quatre mois le plus souvent, ajusté à votre risque individuel ;
  • sondage de contrôle à chaque séance, pour détecter une reprise avant qu'elle ne coûte de l'os ;
  • désorganisation du biofilm, où l'aéropolissage à la poudre de glycine a toute sa place : il nettoie sous la gencive sans repasser un instrument tranchant sur la racine à chaque fois ;
  • renforcement du brossage et des brossettes interdentaires.
🦷 Et si des implants sont envisagés : la parodontite doit être stabilisée avant. Les mêmes bactéries recolonisent la surface implantaire, et un antécédent non traité est l'un des facteurs de risque les mieux établis de péri-implantite — voir échec d'un implant dentaire.

Au Centre Dentaire Walili

  • Sondage parodontal complet et charting consigné, radiographies pour évaluer le niveau osseux ;
  • instrumentation ultrasonore piézoélectrique à inserts fins, complétée à la curette, sous anesthésie ;
  • traitement par quadrant, adapté à l'étendue de l'atteinte ;
  • réévaluation programmée à 6-8 semaines, avec sondage comparatif ;
  • maintenance individualisée selon le risque, avec aéropolissage à la glycine ;
  • discussion du tabac, parce qu'aucun protocole ne compense son effet.

Le tarif dépend du nombre de secteurs à traiter et de la sévérité. Il est établi sur devis après examen, le devis écrit étant gratuit. Voir la page parodontologie.

Questions fréquentes

Le surfaçage radiculaire est-il douloureux ?
Le geste se réalise sous anesthésie locale : vous ne devez rien sentir pendant la séance. Les suites comportent le plus souvent une sensibilité au froid pendant quelques jours à quelques semaines, le temps que les racines nouvellement exposées se désensibilisent, et des gencives un peu sensibles au brossage. Un dentifrice pour dents sensibles aide durant cette période.

Pourquoi mes dents paraissent-elles plus longues après le traitement ?
Parce que la gencive, qui était gonflée par l'inflammation, a désenflé et repris sa position réelle sur l'os. Cette rétraction révèle une perte osseuse causée par la maladie avant le traitement ; elle n'est pas provoquée par le surfaçage. C'est un signe que l'inflammation a cédé, donc que le traitement fonctionne, même si l'aspect est déconcertant.

Combien de séances faut-il ?
Cela dépend du nombre de secteurs atteints et de la profondeur des poches. Un traitement par quadrant demande couramment deux à quatre séances, auxquelles s'ajoute impérativement la séance de réévaluation six à huit semaines après la fin. Des sites résiduels peuvent nécessiter une ré-instrumentation ciblée à ce moment-là.

Est-ce que l'os détruit peut repousser ?
Pas avec le surfaçage seul, qui arrête la destruction sans la réparer. Une régénération est envisageable dans certains cas, lorsque la forme du défaut osseux s'y prête, au moyen de techniques chirurgicales spécifiques. C'est une indication limitée, décidée après la réévaluation et non d'emblée.

Faut-il vraiment revenir tous les trois mois à vie ?
Le rythme est adapté à votre risque, mais le principe de la maintenance, lui, n'est pas négociable. La parodontite est une maladie chronique : les bactéries recolonisent les poches en quelques mois. Les études montrent que les patients qui suivent une maintenance régulière conservent leurs dents nettement plus longtemps que ceux qui s'arrêtent après le traitement initial.

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Cet article est rédigé à titre informatif par un chirurgien-dentiste. Il ne remplace pas une consultation : seul un examen clinique permet de poser un diagnostic et de proposer un traitement adapté à votre situation.

Dr. Ismaail Talmenssour

Dr. Ismaail Talmenssour

Chirurgien-Dentiste, fondateur du Centre Dentaire Walili à Tanger. Spécialisé en implantologie, orthodontie et esthétique dentaire.

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